Son histoire
" Ma mére avait des doigts de fée et mon père son propre atelier de confection d'uniformes militaires" dit Zhor pour expliquer son amour précose pour la couture. Déjà, toute jeune, elle crée les robes de ses poupées. A 15 ans, lycéenne, elle façonne ses tabliers sur des patrons de "Burda". Quand ses camarades s'appliquent aux études, Zhor s'ennuie. Sauf en classe de poésie Arabe et de Français. La création la subjugue. Dans sa tête, son chemin est déjà tracé : elle sera styliste. A l'époque où Zhor décide de son avenir, le stylisme n'existe pas encore au Maroc. Soit. Elle s'inscrit aux Beaux-Arts, malgré l'opposition de son père et passe deux ans à dessiner, peindre, sculter. Les nus l'attirent, et le corps de la femme l'envoûte. Mais Zhor reste sur sa soif. Aux Beaux-Arts, elle apprend à manier le pinceeu, les crayons, mais pas l'aiguille, ni le tissu. Zhor quitte donc les beaux-Arts et s'inscrit chez "Mme Ines", école de couture très réputée à l'époque. Là, elle donne libre cours à sa créativité et se sent "comme un poisson dans l'eau". Son talent ne tarde pas à poindre. En un mois, elle apprend la coupe et trois mois après, elle réalise ses premières robes et obtient son diplôme. Dorénavant, elle crée ses vêtements, ceux de ses amies. Elle traque chaque défaut et le corrige, dans sa tête. Elle porte un intérêt particulier aux Caftans qu'elle voit, qu'elle trouve "raffinés" mais sans créativité ni harmonie avec le corps. Zhor se marie, Chez elle, elle continue à confectionner des robes, des pyjamas, des Caftans, aux siens et à sa belle-famille. Après la naissance de son premier enfant, elle décide de se consacrer complétement à sa famille et à sa maison qu'elle décore avec amour, en artiste. Mais très vite, elle s'ennuie de ses premières amours et ne supporte pas de rester inactive. Il faut qu'elle concrétise son rêve : créer sa maison de couture. Soutenue par son mari, elle monte son premier atelier au Maârif en 1984. Sa première collection, elle la présente chez elle, à l'occasion d'un défilé qu'elle organise elle-même pour ses proches et ses amis. Les réactions positives la poussent à ouvrir un nouvel atelier aux galeries Benomar. La carrière de Zhor est lancée. Son rêve, elle l'a réalisé. Ses créations remportent un franc succès dans tout Casablanca. Elle est sollicitée par Royal Air Maroc pour représenter son pays lors de défilés à l'étranger. Zhor sillonne le monde : du Sultanat d'Oman comme première destination à Toulouse, Madrid, Berlin, Munich, La haye, La Suéde........... En 1986, quand Zhor organise son premier défilé public au Hyatt Regency. La presse réagit : "Transformer, varier, enrichir des styles, sans pour autant leur ôter leur cachet traditionnel, relève d'un travail recherché, habilement étudié..........Une femme, une artiste, une entreprise : Zhor Rais". Zhor ne s'arrête pas là. A l'ouverture de l'école ESMOD, elle s'y inscrit, mariée et mère de 3 enfants. Elle suit des cours à mi-temps de stylisme et de modélisme. Ses voisins de banc, des jeunes étudiants qui s'étonnent de voir une mère de famille s'appliquer à l'étude. Zhor apprend à faire des croquis et donc à donner forme à ses idées qui n'en finissent pas. En parallèle, elle lit tous les magasines de mode qu'elle trouve et ne rate aucun défilé à la télévision. Sa soif d'apprendre ne tarit pas. Elle fréquente les salons et les foires, les matières n'ont plus de secrets pour elle. En 1988, elle participe à la coupe Magrébine à Tunis puis continue de présenter ses collections à Casablanca et à l'étranger. En 1997, sur le podium de "Caftan", c'est la consécration. Zhor plait. Zhor éblouit. "Cette femme, bouleversante de sympathie et de modestie inspire respect et admiration. Sa création est une larme très esthétique qui perle au coin de l'oeil de biche des mannequins. Classe et sobriété ont rythmé sa collection.........Zhor a brillé, séduit, émerveillé............." Le style de Zhor est audacieux. Actuel. Moderne. Et elle le revendique comme tel : " Audacieux, oui, mais pas provocateur". Le caftan de Zhor est près du corps qu'il flatte, et caresse les formes de celle qui la porte ; Zhor joue naturellement avec les décolletés et les transparences mais tient à préserver au Caftan son cachet : Marocain il est, Marocain il restera. Et s'il y a un seul mot pour désigner son style, c'est bien sensualité. "A chaque femme un style, et à chaque femme quelque chose qu'elle cache, que je découvre, et que je fais apparaitre", telle est la philosophie de Zhor. La femme habillée par Zhor est moderne, raffinée, séductrice sans être provocatrice, sensuelle sans être vulgaire. Ses accessoires, un foulard, une écharpe ou même une voilette. Ses couleurs le gris, l'argenté, et toutes les couleurs du grand bleu. Zhor est animée d'une grande curiosité. Son inspiration, elle la puise partout dans la nature, dans la mer devant laquelle, dit-elle, elle peut rester des heures, dans les peintures orientalistes ou dans le cinéma classique américain et égyptien : "Ces femmes étaient belles et sensuelles tout en portant des tenues simples mais d'une extrème beauté". Cette éternelle insatisfaite porte en elles de grandes ambitions. Elle veut entrer dans la cours des grands : "Il n'y a pas de raison que le Caftan reste exclu de la Haute Couture internationale". Et c'est justement pour cette raison qu'elle crée son propre site de plusieurs pages sur Internet, pour internationaliser le Caftan. Une première dans la Haute Couture marocaine. Zhor innovatrice, Zhor précurseur, c'est elle qu'on attend sur le podium de Caftan 98. Femmes du Maroc, 21 septembre 1998
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